02 juin 2011

mon expérience du Hokensho

Cela remonte à 12 ans environ, en visite sur l'île de Yakushima, ce paradis vert aux arbres millénaires, contrée qui a inspiré Miyazaki Hayao pour son film La princesse Mononoke, paradis idéal où débuter la nouvelle année.

ウイルソン株1

On décide très tôt le matin de partir en randonnée sur un parcours qui mène aux yakushima sugi, arbres millénaires. La voiture de location garée sur le parking désert, un chien blanc vient vers nous.

"Tiens, tu attends ton maître toi? yoshi yoshi, allez sois sage." papouilles et caresses.

Et on passe 8 heures non-stop de découverte fantastique en révélation féérique, un bain de fraîcheur qui nous traverse le corps, les poumons netoyés, l'esprit clair. A notre arrivée sur le parking; quelques voitures de plus, et le chien toujours là...avec son colier. Il a dû se perdre...que faire? Il ne faudrait pas qu'il meurre de faim, son propriétaire, lui, doit être mort d'inquiétude...

Nous à Kyoto on vit en appartement, et la plupart des logements au Japon sont  interdits aux animaux...en tous cas le nôtre précisément...on peut pas te ramener avec nous non plus...dô shiyô?

Je me sens dans l'obligation de tout faire pour qu'il retrouve son maître, résignés à alerter les "autorités compétentes"  on monte en voiture. Et depuis, cette vision de ce chien blanc, posté devant notre voiture, suppliant qu'on le prenne avec nous, est restée gravée, et il ressurgit parfois comme pour me rappeler que je peux faire un choix différent, que je peux m'en remettre à moi-même.

Le seul endroit connu de nous étant le "hokensho", que je pensais être l'équivalent de la SPA en France, nous sommes allés les prévenir que nous avons trouvé un chien perdu, a l'entrée du parking, que son maître doit le chercher. Ils répondent qu'ils iront voir, et que si dans une semaine personne ne se manifeste on en "disposera".

_Comment? disposer de quoi?

-"au gaz".

Je savais que le "hokensho" n'était pas populaire, et je commence seulement à réaliser que je viens de le condamner à la chambre à gaz.

Et c'est là que j'aimerais pouvoir réécrire mon histoire et vous dire que nous sommes illico retournés le chercher pour l'emmener avec nous, au diable les régles "pas d'animal en appartement"! Pas grave si on a loupé notre avion! Et c'est lui que vous voyez sur la photo de mon blog!...

Eh bien non, on a choisi de prendre notre avion.

Pendant toute la semaine j'ai appelé de Kyoto le "hokensho" pour savoir si son propriétaire était apparu...il avait dû finalement l'abandonner, mais ce n'est pas la version que je voulais croire.

J'ai supplié les seuls résidents que nous connaissions et qui tenaient la pension de famille dans laquelle nous avions séjourné de l'adopter, mais "avec les clients ce n'est pas facile"...

Et le jour où il devait être "disposé", je n'ai plus appelé personne...

Au Japon, il n'existe pas de structure au niveau national qui s'occupe et se préoccupe du bien-être de l'animal, seul le Hokensho les garde une semaine puis les tue. La loi n'a pas changé malgré des groupes d'activistes...

Je souhaite du fond du coeur que ce qui se passe a Fukushima permette au niveau de conscience national de s'élever, de réaliser que ce qui se trame sur place arrive régulièrement près de chez soi, dans sa ville.

La situation actuelle n'est malheureusement pas simple, des intérêts vils sont satisfaits par ce trafic de dons faits pour les animaux de fukushima qui n'en voient pas un "sen".

Je reviendrai sur ce sujet prochainement qui fait la fortune de certains...

Plus de photos de yakushima:PHT4025.jpg

http://www.yamaneko.net/yakushima/

Posté par japanimal à 16:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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